Au gui nouveau ! Au gui fleuri !
Comment peut-on ne pas être mystifié par une plante si singulière, si énigmatique ? Plante aérienne… plante des esprits. Pour les Celtes et les Gaulois, la
plante était magique et surtout sacrée, seul l'était, cependant, le gui parasitant le chêne. Lors d'une cérémonie religieuse tenue six lunes après le solstice d'hiver, un druide vêtu de blanc
grimpait à la cime d'un chêne et récoltait à l'aide d'une serpe en or touffes et rameaux, ceux-ci devaient être recueillis dans un drap blanc avant qu'ils ne touchent le sol pour conserver leur
pouvoir magique
Le rite était consacré par le sacrifice de deux bœufs blancs. Le grand prêtre distribuait alors les rameaux aux participants en criant : « Au gui l'an neuf
», la nouvelle année débutait. On suspendait le gui dans les maisons ou on le portait sur soi. C'était une panacée : le gui chassait les mauvais esprits, purifiait l'âme, guérissait le corps,
neutralisait les poisons, assurait la fécondité des troupeaux, permettait de voir les fantômes et de les faire parler ! Tout comme pour le houx, conserver cette plante dans la maison en hiver
était une invitation aux bons esprits de la forêt à venir y trouver refuge. De là, peut-être, la coutume de suspendre le gui dans les maisons au temps des fêtes
À une autre époque, les moines nommaient le gui « bois de la Sainte-Croix ». Il aurait été réduit d'arbre en buisson parasitique à la suite de
l'utilisation de son bois pour la construction de la croix du Christ ! Voilà encore une manière élégante d'expliquer l'inexplicable. Une légende serbe racontait qu'un trésor était caché au pied
de l'arbre portant du gui. En France et en Angleterre, il fallait couvrir la table de rameaux de gui pour s'assurer d'une moisson abondante et de troupeaux féconds. Des pouvoirs magiques étaient
reconnus au gui chez les Grecs également, où il était associé à Hermès, grand messager de l'Olympe mais aussi dieu de la santé. Une légende scandinave (dont on trouve différentes versions) veut
que le dieu soleil Baldut, supposé invulnérable, ait été tué par une flèche fabriquée avec une tige de gui par le démon Loki. La mère du dieu soleil, Preyla, implorant aux autres dieux son retour
à la vie, promit d'embrasser quiconque passerait sous le gui. Celui-ci devint le symbole de l'amour et du pardon. De là vient peut-ètre la coutume de s'embrasser sous le gui.
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